© Frédérique Gaumet

Empreintes silencieuses comme si de rien n'était...

Dans le calme du matin, dans la douce lumière du soir, l'horizon est là, immuable, éternel, dans l'immensité de ses plaines, les déserts oubliés, les terres labourées, les tranchées guerrières et les plaintes de ses morts.

 

L'horizon rougit, se tord, s'entre-ouvre comme une plaie à explorer. Le fossé n'est jamais assez large, nous creusons encore et encore jusqu'aux entrailles profondes et intimes.

 

Empreintes silencieuses comme si de rien n'était...

 

L'horizon est là, mais il semble trembler, la main sur la plaie ne suffit plus. De tout côté suinte un liquide aux caillots de plus en plus épais. La plainte s'est muée en hurlement, la douleur devient trop forte. L'horizon rougit, se tord et s'écartèle, trop meurtri.

Nos empreintes, elles, restent sourdes à sa torture, indifférentes par trop de fossés creusés.

 

Empreintes silencieuses comme si de rien n'était...

 

Dans ces paysages, il y a nos traces qui dans le silence s'interrogent. Nos pas peu à peu s'avancent plus lentement et dans les plaines immenses nos yeux découvrent au loin les trésors disparus.

L'horizon en sursit, décide alors de nous faire une fleur, pendant un temps, il laissera cicatriser les plaies.

 

Empreintes silencieuses comme si de rien n'était...