© Frédérique Gaumet

Déambulation incertaine

 

Je devinais encore les traces, comme des empreintes froides, essoufflées, fatiguées, qui auraient voulu se soustraire au présent et par trop d’impatiences, au futur sans perspectives, avenir avorté par trop de précipitations.

De tempêtes en conflits, sombres nuages comme autant de prédictions jamais entendues. Arrogances, pouvoir de ces signes trop évocateurs de repères obligés. Et là soudain plus rien, juste des sons, et là, le vagabond des zones incertaines à l’écoute des incertitudes du monde.

 

Plus de repères, trop de repère, sans repères… déambulation incertaine.

 

Trop près, englouti sous les trop lourds, les trop grands, trop loin, trop flou, impuissance à voir les bords du précipice.

Déambulation dans le doute spatial et temporel, attente de l’impossible, dans l’instant flottant, le tic tac s’est arrêté au moment où les quatre directions disparaissaient. Reculer, avancer, regarder, me reste-t-il encore ça ?

Ou n’est-ce que l’illusion de mes propres mouvements ?

 

Plus de repères, trop de repère, sans repères… déambulation incertaine.

 

Les non-lieux comme métaphore de nos incertitudes. Ne serait-ce pas là l’instant le plus beau, l’instant de vraie liberté ?

Sans repère, anonyme, perte d’identité…

Traverser les non-lieux pour mieux ressortir vivant, se retrouver nu, un instant, un instant dans le passage du doute, se retrouver plus que jamais ouvert.